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DILICOM
(ex-Edilectre)

Compte-rendu du Colloque Alire / Dilicom

Lorenzo Soccavo

 

Les nouveaux supports numériques du texte.

Impacts sur le commerce du livre.

 

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Sommaire

 

Matinée

L’évolution des supports de texte. Impact des services Internet.

 

Ouverture par Bernard de Fréminville, Directeur Général de Dilicom.

Introductions par Hubert Didierlaurent, Président de Dilicom et Directeur de la distribution de Volumen, puis par Éric Hardin, Président de l’ALIRE (Association des Libraires du Réseau d'Echanges informatisés) et Directeur des librairies Le Pavé.

 

Une brève histoire des supports de texte, par Delphine Gardey, Maître de conférences à l'Université Paris 8 et à Sciences-Po Paris, CRHST-CNRS/Cité des sciences et de l'industrie.

 

Quelles ressources numériques pour l’université ? Par Catherine Forestier, Coordinateur du Pôle Livres Électroniques – Consortium Couperin.

 

Évolutions chez Hachette-Livre Tourisme, par Jérôme Denoix, Directeur du développement Hachette Illustré.

 

Évolutions chez Michelin, par Paul Carril, Responsable marketing et éditorial chez Michelin.

 

Du côté de la musique et des magazines, par Julien Ulrich, Directeur Général de Virgin Méga.

 

Pause

Durant la pause : la société 4DConcept a présenté le reader Iliad d’Irex Technologies qu’elle distribue en France, la société Bookeen a présenté son reader Cybook e-ink, le Syndicat de la Librairie Française a présenté son Cahier N° 5 : Le livre à l’ère du numérique, et les éditions M21 ont présenté le livre de Lorenzo Soccavo Gutenberg 2.0 : le futur du livre.

 

Après-midi

Et maintenant le papier électronique. Quels impacts sur la chaîne du livre ?

 

Internet : nouvelle plateforme d’intermédiation, par Jean-Michel Billaut, Président de The networking company.

 

Le rôle des agrégateurs de livres numériques, par Denis Zwirn, Président de Numilog.

 

Encres électroniques 2007 : année de la maturité ? Par Jacques Angelé, Co-fondateur de Nemoptic, fabricant de papier numérique.

 

Papier communicant : rupture ou évolution ? Par Bruno Rives, PDG de l’Observatoire Tebaldo.

 

Que vont faire les libraires ? Par John Mc Namee, Président de la Fédération Européenne des Libraires.

 

Conclusions, par Hubert Didierlaurent et Éric Hardin.


Introductions par Hubert Didierlaurent, Président de Dilicom et Directeur de la distribution de Volumen, puis par Éric Hardin, Président de l’ALIRE (Association des Libraires du Réseau d'Echanges informatisés) et Directeur des librairies Le Pavé.

 

Hubert Didierlaurent

Après une rapide présentation de Dilicom (créé en 1989, qui gère aujourd’hui des flux entre 5000 et 6000 libraires et plus de 1700 distributeurs, rattachés à 6000 éditeurs sur les 12 000 recensés, soit 70 millions de lignes de commandes entre libraires et distributeurs), Hubert Didierlaurent en précise les missions complémentaires, au-delà de l'EDI (avec Calibre pour l’aide, aux petits éditeurs, Pistil, pour l’informatisation des librairies, l’enrichissement du fichier exhaustif du livre avec la BNF, avec la Sofia sur le droit de prêt).

Il souligne le fait, aujourd’hui indéniable, que la dématérialisation des supports pose de nombreuses questions et a un impact évident sur le commerce du livre.

« Toutes les semaines, conclut-il, nous avons de nouvelles preuves des impacts des nouveaux supports numériques sur la chaine du livre. »

 

Éric Hardin

« L’horizon de la révolution numérique nous semble beaucoup plus proche et pas du tout de la prospective lointaine… » déclare Éric Hardin. Il constate que les changements se produisent plus rapidement que prévu. Le livre, sa conception, sa circulation et sa commercialisation connaissent aujourd’hui des bouleversements sans équivalents depuis le développement de l’édition industrielle. L’activité des auteurs, éditeurs, imprimeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires et lecteurs en sera radicalement métamorphosée.

« Le monde du livre tel que nous l’avons connu est à l’aube de changements majeurs », déclare-t-il, avant de préciser les quatre défis que les professionnels de la chaîne du livre doivent aujourd’hui relever :

– Le défi de la place du livre dans notre société

– Le défi de la gratuité

– Le défi de la concurrence, notamment du Net et de la téléphonie mobile

– Le défi écologique.

« A tous ces défis, conclut-il, le numérique apporte des réponses et les effets en sont déjà visibles dans nos librairies… […] Le numérique n’est-il qu’une menace ou bien peut-il être aussi une opportunité pour nos librairies ? »


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Une brève histoire des supports de texte

Par Delphine Gardey, Maître de conférences à l'Université Paris 8 et à Sciences-Po Paris

 

En s’attachant à faire ressortir la permanence de certains usages, Delphine Gardey dresse un panorama original des transformations de l’écrit dans ses formes et ses formats.

Elle distingue deux révolutions : au 15e siècle, le passage du monde du manuscrit au monde de l’imprimé, puis, au 19e siècle, la révolution informationnelle de la fiche.

Dans les deux cas, souligne-t-elle, l’on observe une radicalité des transformations, dans une vision qui est celle de l’histoire des techniques, mais aussi, une permanence de formes et de structures. Elle met ainsi en lumière la continuité et la coexistence de pratiques sur des temps relativement longs.

« Une continuité de forme qui signale aussi des continuités de contenus d’usages et de publics. Ces continuités sont rarement perçues par les histoires techniques. […] On voit dans l’histoire du livre, souligne Delphine Gardey, sur des périodes qui peuvent être assez longues la coexistence de pratiques de formats différents et une continuité d’un monde à l’autre indépendamment des techniques utilisées… »

Au fil des siècles la société est devenue de plus en plus une société de l’écrit. Institutionnalisé par l’administration et la scolarisation, l’écrit va longtemps influencer l’ensemble des conditions de vie en société.

A la fin du 19e début du 20e siècle, Delphine Gardey s’attache particulièrement à ce qu’elle nomme “la révolution managériale avec la fiche”. La fiche s’invente en premier lieu pour le catalogage dans le monde de la bibliothèque, pour connaître la gloire dans le business aux États-Unis, avec la fiche pour la gestion de l’entreprise et la systématisation du traitement de l’information. Avec les fiches l’information n’est plus corsetée par le format fermé des livres.

« L’informatique, souligne Delphine Gardey, est héritier de ces savoirs faire… »

Aujourd’hui, nous pouvons penser que la société de l’immatériel amplifie les besoins en écriture et produit ses outils de traçabilité de l’action. A chaque type de lecture doit correspondre un support adéquat et différentes pratiques peuvent coexister.

Une invitation à réfléchir aux formes qui subsistent, aux formes qui se transmettent et se transposent. Au-delà du discours de la rupture et de la transformation, c’est, nous dit Delphine Gardey, à ces coprésences qu’il faut réfléchir pour trouver des niches qui maintiendraient des usages.


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Quelles ressources numériques pour l’université ?

Par Catherine Forestier, Coordinateur du Pôle Livres Électroniques – Consortium Couperin

 

Jusque dans les années 1980, dans les bibliothèques il n’y avait que du papier, y compris dans les bibliothèques universitaires. Dans les années 1990, la dématérialisation commence avec l’arrivée des cédéroms, mais en monopostes. Aujourd’hui, constate Catherine Forestier, le développement des infrastructures et de l’offre éditoriale, cependant encore majoritairement anglophone, s’est opéré sur fond de normalisation des standards.

Après un rapide historique des politiques nationales pour le développement des ressources numériques pour les Universités et les étudiants, Catherine Forestier insiste sur la rareté des contenus à acquérir en ressources francophones.

Les éditeurs français, regrette-t-elle, ont des trésors qui restent encore pas ou peu accessibles sur format numérique.

Alors que les dépenses des bibliothèques universitaires se maintiennent sur l’offre papier et croissent sur l’offre numérique, la mise à disposition des contenus sous une forme adaptée au 21e siècle est aujourd’hui indispensable.

Elle attire ainsi notre attention sur une « mutation inconsciente : les jeunes qui arrivent dans les universités aujourd’hui et qui sont nés avec le Net ne comprennent pas que l’on ne trouve pas tout sur Internet… »

Aujourd’hui le processus industriel de publication est beaucoup moins lourd et la création en est favorisée. Dans ce contexte se pose la question de la validation des contenus en ligne. Cette phase de validation reste capitale et il est essentiel que les éditeurs et les bibliothécaires en restent les principaux garants.

Avec les agrégateurs, d’autres questions essentielles se posent aux bibliothécaires : “Sommes-nous en position d’acquéreur ou louons-nous des contenus ?

L’avenir doit-être dans une évolution de l’offre éditoriale, avec un accès aux ressources documentaires, à la fois dans l’université et via Internet, afin de permettre la recherche à distance de et dans l’intégralité du texte 24h/24 et 7jours/7. Après la numérisation des contenus nous devons assumer leur migration sur le Net. On y retrouve déjà les grands éditeurs anglo-saxons qui ont mis en ligne leurs collections ou références des années antérieures. Il y a aujourd’hui nécessité de création de nouveaux produits hybrides (plateformes de livres électroniques, bases de données iconographiques et multimédias…) et de nouvelles fonctionnalités, notamment avec des moteurs de recherches spécialisés, des possibilités d’annotations personnelles et partageables, et enfin les archives ouvertes (Open Archive), ouvertes ne signifiant pas forcément libres.

 

François Gèze, président du groupe universitaire du SNE

Reconnaissant que l’essentiel de l’offre numérique est en anglais, François Gèze expose brièvement la position des éditeurs français et s’attache à expliciter les raisons de ce retard dans l’offre de contenus francophones.

Il présente cette déficience de l’offre comme due à une conjonction de facteurs, dont le premier est l’insuffisance, qu’il qualifie de dramatique des budgets d’acquisition des universités et des centres de recherche (budgets 3 à 4 fois inférieurs par étudiants aux autres pays de l’OCDE).

Le second facteur qu’il souligne est l’absence de formation des enseignants au développement des usages pédagogiques de ressources numériques scientifiques. Le troisième facteur de blocage est pour François Gèze l’illusion de la gratuité, considérant la facilité de publier des ressources en ligne sans les intermédiaires traditionnels que sont les éditeurs. Enfin, il regrette que l’administration universitaire ne collabore pas, que bibliothécaires et enseignants ne communiquent pas assez, avant de stigmatiser l’absence de toute politique publique globale, notamment en termes de contenu.

François Gèze estime que si dans le livre universitaire francophone la ressource numérique n’est pas encore présente, elle va cependant rapidement arriver, et alors la question du rôle des différents acteurs de la chaine se posera avec acuité. On aura toujours besoin des acteurs actuels cependant, et, notamment, des libraires.

Deux modèles se mettent en place : la bibliothèque numérique avec abonnement, et, le livre électronique qui avec l’apparition de tablettes de lecture va se développer sur le marché. Sur ce dernier secteur, les libraires ont encore toute leur place stratégique, à condition qu’ils se positionnent sur ce type d’offre nouvelle.

Informer et conseiller resteront le cœur du métier de libraire.


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Évolutions chez Hachette-Livre Tourisme

Par Jérôme Denoix, Directeur du développement Hachette Illustré

 

En tant qu’éditeur, Jérôme Denoix expose quatre préalables indispensables selon lui à toute réflexion au sujet de la rupture numérique :

– D’abord, la nécessité d’avoir une analyse fine des supports par segments éditoriaux. Par exemple, le couple livre audio et littérature fonctionne bien aux États-Unis, ebooks et édition universitaire fonctionne bien en Asie et en Chine particulièrement.

– Il faut penser complémentarité des médias plutôt que cannibalisation. Il faut penser interopérabilité des médias, et penser également démographie (bientôt 50 % des européens auront plus de 50 ans et auront un rapport avec la technologie différent de celui des jeunes).

– Il faut sécuriser les droits avec les auteurs et protéger les contenus en aval. Il faut des formats propriétaires, notamment pour l’e-paper. Il faut avoir des contenus structurés (XML) pour dialoguer facilement avec les nouveaux supports.

– Enfin, il faut développer une nouvelle créativité éditoriale, liée à l’intelligence artificielle qui est dans ces nouveaux supports.

Jérôme Denoix prend ensuite comme exemple le secteur des guides de voyage.

« L’exemple du tourisme est significatif du chambardement… » déclare-t-il, avant de mettre en évidence trois ruptures :

– Le Web e-tourisme,

– La généralisation des téléphones mobiles

– La navigation assistée et la géo-localisation des informations pratiques. « On va pouvoir avoir l’information pertinente au bon endroit, au bon moment… » L’automobile sera un vrai vecteur d’informations touristiques dans l’avenir, notamment avec la navigation embarquée.

Il y a donc de nouveaux entrants, mais pour lesquels les contenus sont considérés simplement comme un budget marketing qui aide à la différenciation. Ils ne sont pas forcément prêts à payer le contenu, ni à investir avec des éditeurs professionnels.

Les éditeurs professionnels ont cependant un certain nombre d’atouts : leurs marques, des auteurs, une vraie expertise, un savoir très demandé, la hiérarchisation de l’information.

Jérôme Denoix souligne d’autres facteurs positifs. Un levier essentiel dans l’e-tourisme est le levier communautaire, remarque-t-il. De plus en plus, les gens vont s’auto-organiser et avoir besoin de contenus qui leurs soient propres.

Le livre va devoir trouver sa place, entre Web et téléphonie mobile.

Les axes de développement sont certainement à trouver autour du “Point d’Intérêt”. Cela demande de tester les supports et les usages et d’avoir une approche du livre conçu comme un nouveau portail multimédia. Imaginons une plateforme qui s’interface avec différents supports avec, au cœur du dispositif, le guide papier. Il faut être vigilant face aux nouveaux usages et aux nouveaux publics, et penser complémentarité, par exemple entre audio et guides papier.

Hachette Illustré travaille ainsi à différents projets, comme un “rich book”, livre conçu comme un portail permettant l’accès à d’autres médias, permettant de passer du texte vers l’audio et la vidéo, par exemple par mobiles tags (codes barres).

La démultiplication des supports et des possibilités n’est pas évidente, conclut Jérôme Denoix, mais elle permet à l’éditeur de réinvestir dans des contenus de qualité. Le guide papier peut toujours favoriser les interactions entre papier et autres médias.

La librairie a dans ce cadre un énorme rôle à jouer, notamment par l’émulation de communautés de lecteurs, et, pourquoi pas, en devenant des centres de ressources sur le contenu voyage.


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Évolutions chez Michelin

Par Paul Carril, Responsable marketing et éditorial chez Michelin

 

Acteur historique de la cartographie, Michelin considère avec optimisme qu’il reste des opportunités pour le papier.

Paul Carril retrace l’historique des cartes Michelin, que ni le Minitel ni Internet n’ont tuées. La cartographie papier garde des usages propres, comme la possibilité d’avoir une vue d’ensemble instantanée, ce que le GPS ne permet pas.

« L’évolution du numérique impacte le papier mais en des proportions gérables, déclare-t-il. Le papier est impacté depuis 20 à 30 ans sur tout ce qui apparait sur le marché pour l’aide au déplacement… »

Paul Carril précise que Michelin a été, va et ira sur tous les nouveaux supports. Il pense que la carte papier va garder au moins durant les cinq ans qui viennent toute sa place, car son usage serait profondément ancré dans nos habitudes. Le numérique est, estime-t-il, nécessaire, mais, comme outil supplémentaire. Néanmoins convaincre les nouvelles générations des apports et des intérêts du papier est une priorité.

En conclusion, Paul Carril confirme que Michelin va continuer à investir dans le marché papier, mais en travaillant à de nouvelles manières de proposer et d’organiser l’information. Pour Michelin, il ne fait aucun doute que la librairie reste le premier vecteur de vente.


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Du côté de la musique et des magazines

Par Julien Ulrich, Directeur Général de Virgin Méga

 

Julien Ulrich présente les offres de Virgin Méga en musique et magazines. Ce faisant, par un flash back en 2001 il établit un judicieux parallèle entre ce que le marché de la musique connaît aujourd’hui et ce que pourrait bien connaître demain le marché du livre.

En 2001 le marché de la musique présentait beaucoup de différences avec celui de 2007. Une hausse de 10 % d’augmentation par rapport en 2000, mais, aussi, une évolution technologique avec le format de compression MP3, ni protégé ni protégeable. La copie de musique jusque là difficile ou avec une perdition de qualité, devenait simple et sans perte de qualité. Quelques personnes commençaient à utiliser des baladeurs et l’on assistait à la naissance du phénomène Napster, site d’échanges de musiques au format MP3.

Julien Ulrich souligne alors des similitudes avec ce qui arrive aujourd’hui pour le livre numérisé. « Sur les sites pirates nous trouvons Les Bienveillantes en formats texte qui peuvent aller sur des e-books, nous trouvons des albums BD… »

Qu’est-ce qui a fait bascule pour la musique ? « En octobre 2001 l’iPod est sorti. Il y avait déjà Napster, des baladeurs numériques, mais en 2001 l’iPod s’imposa d’emblée comme un objet de mode, avec un design et une ergonomie qui révolutionnaient les usages. »

Le marché de la musique enregistrée a perdu plus de 40 % sur les quatre dernières années et cette chute a toujours tendance à s’amplifier.

Julien Ulrich relève deux grandes problématiques dans la distribution de fichiers numériques : le format (MP3 pour la musique ou PDF pour le texte), et, le système de protection des fichiers (DRM) contre les copies non autorisées.

S’il pense que les plus de 50 ans vont certainement continuer à acheter des livres, dans sa conclusion, Julien Ulrich insiste sur la similitude des problématiques entre le marché du disque et celui du livre, au moment où des readers de livres numérisés vont être prochainement commercialisés. Il invite les professionnels du livre à anticiper et à inventer de nouveaux modes complémentaires de distribution.


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Internet : nouvelle plateforme d’intermédiation

Par Jean-Michel Billaut, Président de The networking company

 

« Qui télécharge de la musique ? Vous savez qu’en faisant cela vous posez des tas de problèmes aux éditeurs et aux distributeurs traditionnels. Imaginez que vous fassiez cela avec des livres, ce que vous ferez d’ailleurs un jour, ce que mon fils fait déjà avec les BD… »

C’est par cette entrée en matière que Jean-Michel Billaut commence, avec sa verve habituelle, son exposé sur le Futur 2.0 et la nouvelle organisation sociale qui va se mettre en place dans les 30 ans qui viennent.

« Il y a toujours eu chez les homo sapiens une lutte entre les barbares et les empereurs. Vous êtes des empereurs du papier et il y a des tas de zigotos qui viennent et vont essayer de vous déloger pour essayer de prendre votre place et gagner de l’argent. »

Jean-Michel Billaut annonce alors à l’auditoire la Révolution 3.0 : « Aujourd’hui les êtres humains commencent leur 3ème révolution. »

Notre espèce est apparue il y a 120 000 ans et depuis on a fait deux grandes révolutions. Il y a 10 000 ans la révolution agricole, la 1.0, dans le Croissant fertile. Puis, il y a 250 ans, la révolution industrielle en Angleterre, la 2.0. Et aujourd’hui voici la 3.0 : la révolution quantique.

Cette révolution 3.0 est basée sur quatre grands groupes de technologies qui vont converger :

1. Les nanotechnologies (avec la création de machines moléculaires capables d’assembler des atomes, d’intégrer tous les savoirs humain dans un 1 mm cube…)

2. Les robots (dont les robots humanoïdes… « qui liront probablement des bouquins », rassure aussitôt le conférencier)

3. Le solaire (avec la photosynthèse)

4. La biologie synthétique (avec la fabrication et la modification de la matière vivante).

Nous irions donc vers des homo sapiens augmentés...

En attendant, entre les deux premières révolutions, il y eu le texte et l’invention de l’imprimerie. L’élite de l’époque, nous rappelle Jean-Michel Billaut, était opposée à la petite révolution Gutenberg. Entre la 2.0 et la 3.0 c’est Internet qui va jouer le rôle de l’imprimerie.

Une nouvelle intermédiation, basée sur le Net, est en train de changer, notamment avec le très très haut débit et de nouveaux outils émergeants du Web 2.0 et qui vont redistribuer le pouvoir : « le pouvoir change de mains et passe aux mains des glandus ! » (dixit Jean-Michel Billaut).

Aujourd’hui, d’un côté nous avons des gens qui fabriquent (des livres par exemple), de l’autre côté, nous avons de la demande, et, entre les deux, se trouvent des intermédiaires logistiques pour l’adéquation spatiale, géographique, etc. Ces intermédiaires sont nombreux et conséquemment rémunérés. Ils ont, de l’avis de Jean-Michel Billaut, une mentalité d’empereurs. Cependant, les barbares de la plateforme Internet créent une nouvelle forme d’intermédiation. La première vague de barbares, avec la bulle Internet s’est éclatée contre les murs de l’Empire. Mais la deuxième vague arrive, avec le très très haut débit (fibre optique) et Web 2.0. Le Web 2.0 c’est des outils nouveaux, ce n’est pas une simple continuation du Web 1.0, c’est nouveau, « du nouveau qui court-circuite le pouvoir des élites… »

Nous allons vivre une réorganisation de la désintermédiation / ré-intermédiation et c’est la demande qui va driver le système économique… Alors : les empires vont-ils résister ?

« Au lieu de pleurer le papier pas le papier, qu’est-ce que vous faites pour satisfaire mes besoins ? Et ceux de Mme Billaut ! »

Jean-Michel Billaut invite l’auditoire à renoncer aux systèmes traditionnels peu flexibles. Il conseille aux professionnels du livre de s’intéresser de près aux nouveaux intervenants, de monter une Web-School pour la profession, d’utiliser les nouveaux outils du Web 2.0 (blogs, RSS, tags, etc.), de faire une veille technologique permanente sur les outils et les réseaux sociaux qui se mettent en place.


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Le rôle des agrégateurs de livres numériques

Par Denis Zwirn, Président de Numilog

 

Depuis 1999, précise d’emblée Denis Zwirn, le métier de Numilog est le métier d’agrégateur. Les nouveaux supports de lecture numérique existent et les contributeurs à l’offre numérique en France sont déjà nombreux. Mais, précise-t-il en introduction à ses propos : « L’économie ne se réduit pas à la technologie et la technologie ne se réduit pas aux machines. ».

Denis Zwirn développe ensuite son exposé en sept points :

– La révolution du livre numérique a commencé il ya déjà 10 ans et elle est directement liée à la valeur ajoutée par la dématérialisation des contenus, la numérisation des textes sous forme de 0 et 1 (c’est cette numérisation qui rend possible l’accès à distance 24h/24 aux textes, la miniaturisation des formats des milliers de livres sur des SD Cards par exemple, les fonctionnalités logicielles, l’interactivité, la recherche plein texte, la synthèse vocale, le développement de nouvelles clientèles, puis aussi la fin de l’époque des livres épuisés ou des retours…)

– Les nouveaux appareils à base d’encre électronique sont une excellente nouvelle pour la lecture numérique, mais ils ne sont pas pour autant les Deus ex machina du marché des livres numériques.

– Il faut encore améliorer la résolution des écrans de lecture, augmenter l’autonomie, concevoir des dispositifs dédiés à la lecture.

– Denis Zwirn pense que le marché du livre électronique continuera cependant à se développer sur d’autres supports, l’idée d’un appareil dédié étant en contradiction avec la convergence numérique que l’on observe. Il voit la lecture de demain sur des supports multiples et différents. Il souligne que les supports de lecture ne sont pas les seuls ingrédients, mais que les fonctionnalités logicielles et l’offre de contenu sont elles aussi importantes.

– Les nouveaux appareils à base d’encre électronique représentent cependant un atout supplémentaire, tant pour les lecteurs que pour les professionnels du livre, si les modèles économiques associés sont bons, précise-t-il (prix des appareils attractif, protection des contenus garantie, nécessité absolue des DRM, formats de fichiers interopérables avec d’autres supports, contenus variés…). Il insiste sur le fait que les rôles traditionnels des acteurs de la chaine du livre doivent être respectés.

– Une nouvelle chaine économique doit se mettre en place. A son sommet, Denis Zwirn place naturellement les ayants droits, auteurs et éditeurs, puis les métadonnées et fichiers sur des plateformes utilisées par les imprimeurs (Print on demand), puis les portails de recherche, et les agrégateurs qui rassemblent des catalogues de livres pour les mettre à disposition des libraires et des bibliothèques. Les fabricants de supports de lecture, précise-t-il, jouent un rôle transversal pour fournir aux lecteurs les bons dispositifs attrayants.

– Pour Denis Zwirn, les agrégateurs sont de nouveaux acteurs de cette chaine. Ils ont un rôle de veille technologique, d’identification des bons formats, ils implémentent les solutions de distribution et de protections numériques, négocient les droits et les types d’usages autorisés avec les éditeurs, définissent les modèles économiques, hébergent les fichiers et les métadonnées des livres. En résumé, les agrégateurs simplifieraient les rapports comme un diffuseur traditionnel.

Les agrégateurs se donnent également pour mission de fournir des solutions de ventes clés en mains à des libraires, ces derniers devant accepter la vente de livres numériques en plus de la vente de livres traditionnels. Développer une offre numérique est aujourd’hui une nécessité croissante. Mieux adapter l’offre à la demande également. Il faut aujourd’hui jouer de toute une variété de modèles pour développer les accès au livre et la lecture.

Denis Zwirn conclut pas ces mots : « Il est vraiment temps de proposer des livres numériques et de les distribuer… »


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Encres électroniques 2007 : année de la maturité ?

Par Jacques Angelé, Co-fondateur de Nemoptic, fabricant de papier numérique

 

Jacques Angelé revient sur le SID 2007 (Society for Information Display) qui s’est récemment tenu à Long Beach, en Californie. Il souligne que le papier électronique y était particulièrement présent.

Si le procédé reste le même, à savoir, rendre l’effet mémoire du papier physique, c’est-à-dire que lorsque l’on enlève l’énergie électrique le texte reste cependant affiché, et si l’apparence du papier semble toujours la même, l’encre électronique recouvre en effet trois technologies (à particules, à cristaux liquides, et électromécanique) et déjà une multitude d’acteurs industriels.

Des particules mises en mouvement par des impulsions électriques de 15 volts, des déplacements de pigments microscopiques dans du papier électronique aux dispositifs de lecture, il y a une multitude d’intervenants. Un dispositif électronique doit intégrer les écrans e-paper, mettre en place l’alimentation en contenus et faire fonctionner des logiciels de lecture… Il y a donc, insiste Jacques Angelé, une certaine distance entre la technologie de base et les applications.

Pour qu’une technologie d’affichage fonctionne et trouve son public, il faut qu’elle produise une qualité d’image équivalente à ce que l’on voit tous les jours. Jacques Angelé estime que les technologies du papier électronique doivent encore continuer à rehausser leur niveau de performances avant de pouvoir rencontrer le marché et un succès commercial.

Avec sa brillance, son taux de réflexion, son contraste et l’angle de vue, le papier représente une forte concurrence, avec des valeurs que nous ne pouvons pas encore atteindre avec le papier électronique. Mais, souligne-t-il, il n’est pas nécessaire d’être aussi bon que le papier pour pouvoir développer un marché de dispositifs de lecture.

Les papiers électroniques sont en constante évolution. Demain la couleur… La flexibilité… Un jour, la vidéo…

« Le rêve soutient les développements technologiques. », conclut joliment Jacques Angelé.


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Papier communicant : rupture ou évolution ?

Par Bruno Rives, PDG de l’Observatoire Tebaldo

 

En introduction à son propos, Bruno Rives souligne que « Les choses se précisent rapidement. Il y a énormément de contenus numériques qui attendent le papier électronique… ». Il insiste sur la nécessité d’une véritable réflexion éditoriale : qu’est-ce qu’il est utile de mettre sur papier électronique ?

Au passage il évoque l’émergence d’un nouveau modèle économique pour le livre, dans lequel des annonceurs viendraient financer les auteurs et l’édition.

Versant technologies, la question que pose Bruno Rives est la suivante : « Va-t-il y avoir des ruptures, ou bien n’est-ce qu’une simple évolution que nous allons pouvoir suivre tranquillement ? »

L’encre électronique c’est des particules, et Bruno Rives insiste sur la proximité de fait avec l’encre de l’imprimerie traditionnelle. Il rappelle que les recherches sur l’encre électronique datent d’une trentaine d’années et qu’il ne s’agit donc pas d’un événement éphémère. Avec cette technologie, aujourd’hui mature, le papier est réinscriptible, communicant et rich media (audio), il est de plus résistant à l’eau.

Ce nouveau papier bénéficie ainsi d’apports de l’électronique, tout en restant un média proche du papier traditionnel. Il se doit en effet de respecter les caractéristiques du papier : la première de ces caractéristique est la lisibilité, la deuxième l’autonomie de fonctionnement, la troisième la commodité. Il s’agit donc, précise Bruno Rives, d’« une révolution, qui n’a rien à voir avec l’Internet, avec les ordinateurs, mais qui a à voir avec l’évolution du papier. »

La lisibilité et la commodité sont deux exigences. Nous savons que sur écran d’ordinateur 70 % de l’activité cérébrale est accaparée par d’autres choses que la lecture.

De récentes études montrent que la fatigue visuelle sur papier électronique n’est pas supérieure à celle sur papier ordinaire. Le papier électronique est aujourd’hui acté, il est indéniable que l’on peut lire dessus aussi bien que sur du papier traditionnel.

Les progrès, souligne Bruno Rives, sont très rapides : couleur et flexibilité sont envisageables dès la fin de cette année 2007. Huit encres électroniques différentes existent déjà aujourd’hui, une trentaine de papiers électroniques et une centaine de dispositifs différents. Les plus grands industriels et les grands investisseurs sont dans la course.

Si nous considérons 2007 comme l’année zéro du papier électronique et si nous nous rappelons que le papier classique a été créé en moins 321, c’est donc une véritable rupture que nous allons vivre, car, en devenant réinscriptible et communicant, le papier change aujourd’hui radicalement de nature. Il va pouvoir offrir des contenus innovants, avec du texte zoomable, des images, des zones cliquables, audio, index, stylet, et, à court terme, de l’intelligence artificielle…

L’audio, qui avait reculé avec l’imprimerie, devrait revenir en force avec les nouveaux dispositifs de lecture.

« Là où il y a du papier vous allez trouver du papier électronique, mais peut-être pas pour tout, précise Bruno Rives. Je ne pense pas, dit-il, que le papier électronique, sauf pour des applications de besoin, va remplacer ce que l’on trouve aujourd’hui sur du papier traditionnel, c’est d’ailleurs une erreur de mettre des livres tels quels sur papier électronique sans tirer parti des possibilités nouvelles apportées par l’encre électronique… Les marchés sont les marchés traditionnels du papier… »

Quels seraient les facteurs de développements ? De plus en plus d’ouvrages, de magazines et de journaux sont sur formats électroniques et il leur manque un média de lecture plus confortable que l’ordinateur. La Chine va booster le marché avec l’obligation récente émise par le gouvernement chinois de produire un livre électronique chaque fois que les éditeurs produisent un livre papier.

Pour Bruno Rives, trois directions vont se développer en parallèle :

– La mise sur le marché d’un reader générique.

– Des readers conçus en fonction de projets éditoriaux précis.

– Un papier électronique vierge couplé à une imprimante qui le chargera de l’équivalent de plusieurs centaines de pages.

Alors, évolution ou rupture ?

« Cette révolution provient du papier et donc les industries traditionnelles du papier peuvent évoluer, comme la distribution de photos a évolué… […] Le libraire de demain, pense Bruno Rives, ne va pas changer considérablement de métier, il va avoir dans ses vitrines un certains nombre de quatrièmes de couvertures qui seront en papier électronique et donc actualisables ; pas de ruptures considérables… »

Il évoque pour conclure des ruptures annoncées auxquelles il faut se préparer :

– Une rupture éditoriale, avec de nouveaux contenus

– Une rupture d’accès et d’ergonomie (différentes entrées dans le livre)

– Une rupture des objets de lecture, différents pour des lectures différentes.

En somme le livre va devenir intelligent et nous devons l’être aussi : changer de comportement, adopter un nouveau marketing en temps réel, se lancer et ne pas déléguer, s’insérer dans des projets mutualisés, adopter un nouveau comportement et s’adapter aux nouveaux outils du Web 2.0… Tels sont les conseils par lesquels Bruno Rives conclut son intervention.


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Que vont faire les libraires ?

Par John Mc Namee, Président de la Fédération Européenne des Libraires

 

« Que peuvent faire les libraires ? » s’exclame d’entrée de jeu John Mc Namee.

« De nombreux libraires indépendants risquent de cesser leur activité, constate-t-il. Sauf s’ils évoluent ! »

Pour cerner les contours de cette nécessaire évolution, John Mc Namee recense dans un premier temps les défis actuels : la concentration, la concurrence au niveau des prix, les librairies en ligne, les supermarchés et chaînes de librairies, les moteurs de recherche et aussi toutes les autres industries du loisir.

Il expose ensuite les défis du futur : la numérisation, la priorité du contenu sur le format, le désintérêt des clients pour les grandes librairies…

Enfin, il pose la question essentielle : Quelles actions mener ?

« S’adapter, dit-il, est la meilleure garantie de survie ! »

Une adaptation réussie passe par la connaissance de ses concurrents.

« Sommes-nous aujourd’hui satisfaits, contrôlons-nous la situation, avons-nous l’impression de progresser ? […] La librairie a-t-elle un avenir si elle reste statique ? Sommes-nous réfractaires aux changements ? »

Alors que faire ? La réponse de John Mc Namee est : se diversifier. D’une part, offrir une gamme élargie de services, d’autre part, être présent et actif sur Internet. L’élargissement de l’offre rend plus que jamais indispensable le rôle de médiateur du libraire. Dans un proche avenir les libraires vont devoir vendre différents formats : papier, numérique, audio, impression à la demande, vente au chapitre, etc.

La question est directement posée par John Mc Namee: « Devrions-nous vendre des supports de lecture, des e-readers ? » et sa conclusion est que : « Les libraires doivent démontrer aux éditeurs qu’ils sont capables de répondre à la demande quel que soit le support : papier ou numérique. »


Conclusions par Hubert Didierlaurent, Président de Dilicom et Directeur de la distribution de Volumen, puis par Éric Hardin, Président de l’ALIRE (Association des Libraires du Réseau d'Echanges informatisés) et Directeur des librairies Le Pavé.

 

Hubert Didierlaurent

« Aujourd’hui c’est une réalité et on ne peut pas la fuir. » Hubert Didierlaurent, Président de Dilicom et Directeur de la distribution de Volumen prend acte de la révolution numérique et exprime clairement qu’ « Il faut se positionner par rapport à ces évolutions. ».

« Dilicom, assure-t-il, saisira à l’avenir les autres opportunités de parler et de réfléchir sur ces questions. […] Ce sera le rôle de Dilicom de mener cette révolution, de servir d’aiguillon pour le commerce du livre. […] Il faudra être et rester présent par rapport à toutes ces évolutions et s’inscrire dans ce nouveau modèle économique… »

 

Éric Hardin

« J’aime la librairie et je suis bien heureux de défendre la librairie ! » clame d’entrée de jeu Éric Hardin, Président de l’ALIRE (Association des Libraires du Réseau Edilectre) et Directeur des librairies Le Pavé.

Les enjeux économiques sont importants. Rupture ou évolution possible en douceur ? La place du livre papier change avec l’évolution des techniques, les chiffres d’affaire en librairies s’érodent sans trouver de substituts et on s’en inquiète. Maintenir les librairies à leur niveau actuel est un défi pour les années à venir. L’accès au savoir est modifié, les acteurs de ce changements restent incertains… Comment sera organisée demain la distribution des textes dématérialisés, la place des diffuseurs, des distributeurs ?

« L’éditeur choisit les textes, le libraire sait les présenter grâce à sa connaissance des fonds, ses rapports privilégiés avec la clientèle, son insertion dans les lieux de vie et les communautés, sa capacité de sélection. Mais la librairie nécessitera une adaptation, précise clairement Éric Hardin, et en voici quelques pistes : vente de cartes mémoire préenregistrées, clés USB, la possibilité de vendre en téléchargements par des bornes en magasins, la vente de livres en impression à la demande, et la vente de tablettes de lecture… Autant de pistes à explorer, mais une collaboration active entre nous permettra que cette mutation se transforme en succès. […] Toute la profession doit travailler ensemble pour proposer aux lecteurs, dans une offre encore plus variée, les textes qu’ils attendent, sur le support le plus adapté. Mais où sont les lieux de débat ? Le nécessaire dialogue n’a pas lieu. Chaque acteur construit son projet. La culture du secret empêche la parole dans une profession pourtant reconnue pour son travail collaboratif. »

Éric Hardin conclut le colloque par cet appel : « Nous appelons donc toute la profession à nous rejoindre, pour travailler ensemble et envisager les mutations de chacun de nos métiers. »

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